03.03.2018–06.01.2019

1918: Guerre et Paix

Actualité:

En 1918, Bienne n'a pas été épargnée par la pandémie de grippe espagnole. Les documents centenaires qui relatent cette épisode font aujourd'hui écho à l'actualité. Au total, 5510 malades et 364 décès ont été recensés à Bienne à l'époque. Cela correspondait à 1% de la population locale. Nous vous proposons un aperçu des documents historiques, statistiques et extraits de presse relatant cette pandémie.

 

Le feuilleton de la semaine « La grippe espagnole, une autre pandémie »

Le Quotidien Jurassien, 6 - 11 avril 2020

© Ces articles sont reproduits avec l'autorisation des Editions D+P SA, société éditrice du
Quotidien Jurassien.

 

Reportage en trois parties de Télébielingue

 

La grippe espagnole en 1918 à Bienne

En 1918, un nouveau virus fit plus de morts que toute l’artillerie ; on le baptisa par la suite H1N1, mais il était connu à l’époque comme « la grippe espagnole », l’Espagne ayant été le premier pays à le mentionner officiellement. Ce fut la pire pandémie de l’histoire de l’humanité – 50 à 100 millions de personnes dans le monde y succombèrent. Elle avait un rapport direct avec la guerre. Les troupes transportaient le virus dans le monde entier. Celui-ci ne frappa toutefois pas que les soldats, mais surtout les couches populaires qui vivaient dans des conditions d’hygiène précaires et souffraient de malnutrition.

 

Plusieurs vagues de contamination
La première vague de grippe frappa la région en juillet 1918. À la fabrique Longines, à Saint-Imier, jusqu’à 300 ouvrières et ouvriers manquèrent en raison de la maladie. À Bienne, la première vague de grippe atteint plus de 1000 personnes. Des douzaines de malades mouraient chaque jour d’une douloureuse asphyxie. Etonnamment, la maladie toucha avant tout des hommes âgés de 20 à 50 ans.

 

 

Dispensaires improvisés dans les écoles
Les autorités installèrent des dispensaires improvisés, comme à l’école de la Plänke, et interdirent les réunions publiques (théâtres, assemblées, cultes, etc.) pour essayer d’enrayer l’épidémie. En septembre, le pire semblait passé. L’école reprit dans des locaux « désinfectés » ; mais des enfants furent tout de même contaminés. Une deuxième vague encore plus violente frappa la ville en octobre/novembre. Les médecins étaient surmenés, car ils ne connaissaient pas les virus et songeaient à une maladie bactérienne. Dans cette atmosphère inquiétante, de nombreuses publicités vantaient de prétendus remèdes miracles contre la grippe.
 

 

La troisième vague, en 1919, fut moins mortelle. Les trois vagues de grippe firent au total 5520 malades à Bienne et 364 morts, soit environ 1% de la population de l’époque. Ce taux de mortalité est environ 40% supérieur à la moyenne suisse.

 

À écouter : "C'était une époque très triste"

Souvenirs de Marie Burgermeister (1889 - 1992)

 

Employée pendant plus de 40 ans au Grand Hôtel Bielerhof à Bienne, Marie Burgermeister se souvient de la mort d’un jeune officier qui a succombé à la grippe espagnole après avoir été alité pendant six jours dans la chambre n° 32. Marie Burgermeister lui apportait régulièrement du thé et des fleurs cueillies dans la cour de l’hôtel. À l’époque de l’épidémie, il était difficile de trouver un médecin, raconte-t-elle.

 

 

Tranche de vie : "Je pense que le vin et l’eau-de-vie nous ont permis d’échapper à la contamination"

Souvenirs de Elisabeth Lüthy (1889-1977)

 

Élisabeth (Élise) Lüthy a épousé Oswald Linder le 3 août 1918. Pour l’occasion, les jeunes mariés ont dû obtenir une autorisation de la ville de Bienne, car les rassemblements publics étaient interdits pendant l’épidémie de grippe espagnole. Heureusement, « grâce au vin et à l’eau de vie », aucun convive n’a été contaminé pendant les festivités, raconte-t-elle dans ses mémoires. Pour la jeune femme, le mariage avait pour conséquence son licenciement automatique du bureau de téléphonistes qui n’employait à l’époque que des filles célibataires. Mais l’épidémie mortelle de grippe entraîna une pénurie de main d’œuvre et Élisabeth Lüthy fut rappelée pour remplacer une jeune collègue de 18 ans, décédée après 3 jours de maladie. « Grâce » à la grippe, elle devint ainsi la première téléphoniste mariée de la ville de Bienne.

 

 

"La grippe sévissait pendant l’été 1918. Nous avons dû demander une autorisation à la ville pour pouvoir célébrer notre mariage, à nos risques et périls. Dieu soit loué, personne n’a contracté la grippe lors de la fête. Je pense que le vin et l’eau-de-vie nous ont permis d’échapper à la contamination. C’était une époque terrible, les hommes tombaient comme des mouches, en particulier les plus vigoureux d’entre nous."

- Notes manuscrites de Elisabeth Lüthy

 

Textes extraits du livret d'exposition "1918 Guerre et Paix" © NMB, 2018


1918 Guerre et Paix

 

Le 11 novembre 1918, les cloches des églises de Bienne sonnèrent le début d’une nouvelle ère après quatre années de guerre. Mais le jour de l’armistice, des nuages noirs obscurcirent l’horizon de l’îlot de paix qu’était la Suisse. Elle était sous la menace de la plus grande crise intérieure qu’elle ait connue depuis 1848 : la grève générale avait été proclamée dans l’ensemble du pays et une escalade de violence se profilait au sein d’une société divisée. L’espoir de transformations sociales autant que la crainte d’une révolution à l’image des pays environnants faisait affluer les gens dans les rues.


L’exposition « 1918 : Guerre et Paix » présente l’événement clé de l’histoire suisse que fut la grève générale de 1918 dans ses dimensions régionales et internationales. En 1918, guerre et paix imprégnaient autant la scène mondiale que la vie quotidienne à Bienne, dans le Seeland et dans le Jura bernois. Cette exposition thématise le contexte de l’époque au sein de la Suisse neutre et sur les champs de bataille européens. En effet, la production de munitions dans l’industrie horlogère, les idées pacifistes et révolutionnaires et la grippe espagnole ne s’arrêtaient pas aux frontières. Les tensions sociales étaient attisées par la guerre voisine. Une série de grèves et d’émeutes contre la faim ainsi que la mobilisation de l’armée et de gardes civiques finirent par déboucher sur la grève générale de 1918.

 

Exposition en collaboration avec

 


Archives d'exposition

 

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Stations audio

 

Publications en lien avec l'exposition

Patrick Auderset, Florian Eitel, Marc Gigase, Daniel Krämer, Matthieu Leimgruber, Malik Mazbouri, Marc Perrenoud, François Vallotton (éd.), La Grève générale de 1918, Crises, conflits, controverses, Revue Traverse | Cahier de l'AEHMO, CHRONOS | Editions d'En Bas, 2018

 

Julien Steiner, La Grève générale de 1918 à Bienne et dans le Jura Bernois,
Intervalles - Revue culturelle du Jura bernois et de Bienne n°111, 2018

 

François Wavre, Chris Gautschi, Adieu Vieille Europe, 2018

 

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